PARCOURS




VERSION COURTE


Entre performances, installations, textes, audiovisuel, théâtre, internet et autres dispositifs multimédias,     Mael Le Mée développe une pratique artistique transdisciplinaire qui va de brancher des légumes vivants sur des ordinateurs, à poser des bombes dans des festivals, en passant par raconter des histoires de fantômes aux enfants, donner des conférences très sérieuses sur des sujets qui n’existent pas encore, installer des machines à remontrer le temps, ou vendre des organes de confort.

Il s’efforce ainsi de jouer pour de vrai, avec la gravité de l’enfant qu’il n’est plus et la fantaisie de l’adulte qu’il devient, pour susciter l’envie d’y croire autant que la conscience de l’illusion. Bref, tenter de raconter l’impossible par une sorte de littérature en situation, questionnant souvent le rapport technologique aux corps et au vivant, la simulation, et les esthétiques du contrôle.

Perpendiculairement, il est scénariste de dessins animés. Equipé d’une maîtrise de cinéma et d’un DEA arts et sociétés actuelles, il a aussi abordé l’écriture de jeu de rôle, de jeu vidéo, de bande dessinée et d’exposition interactive, ainsi que la production et la diffusion de courts-métrages.

Depuis 2002, son travail est accueilli dans les champs de l’art contemporain, du spectacle vivant, de la culture scientifique et de l’urbanisme ; par des institutions comme le Palais de Tokyo, la Gaîté lyrique, le Cube, le Théâtre de la Ville, France Culture, le Musée d’histoire des sciences de Genève, la Faculté de philosophie de Madrid, la Columbia University à New York ou encore la salle des fêtes de Labège.




VERSION LONGUE...



Mael Le Mée est né en 1977 en France.

Il vit à Bordeaux. Il travaille là et ailleurs.


Après un bac S option infographie, un DEUG d’arts du spectacle, un mémoire de maîtrise de cinéma sur «les solutions psychotiques chez David Cronenberg » et un mémoire de DEA arts et sociétés actuelles sur «la dramaturgie de double réalité », il a été journaliste spécialisé en animation et images numériques.


Il a collaboré à l’écriture de jeu vidéo (Kalisto), de jeu de rôle (Multisim), de bande dessinée (Delcourt), et d’exposition interactive (Les Découvreurs de l’impossible).


De 1996 à 2007, au sein du collectif (Têtes à Clap), il a produit, réalisé et diffusé des courts-métrages et des documentaires.

De 2000 à 2011, il a co-administré Atis, l’association des auteurs de l’image et du son en Aquitaine (création et gestion d’un annuaire en ligne / réseau social professionnel de 226 auteurs).


Depuis 11 ans, il est scénariste de dessins animés pour la télévision (une soixantaine d’épisodes sur une vingtaine de séries). Il a aussi participé au développement de deux longs-métrages et de deux bibles de séries d’animation. A ce titre professionnel, sept années durant, il a enseigné le scénario à l’Ecole des métiers du cinéma d’animation à Angoulême, à l’université et à l’ISIC-IUP Bordeaux 3.


Perpendiculairement, Mael Le Mée développe une pratique artistique transdisciplinaire qui va de brancher des légumes vivants sur des ordinateurs, à poser des bombes dans des festivals, en passant par raconter des histoires de fantômes aux enfants, tenir des bars à jus d’oranges informées, donner des conférences très sérieuses sur des sujets qui n’existent pas encore, installer des machines à remontrer le temps qu’il faisait, ou encore vendre des organes de confort.


Il s’efforce ainsi de jouer pour de vrai, avec la gravité de l’enfant qu’il n’est plus et la fantaisie de l’adulte qu’il devient, pour susciter l’envie d’y croire autant que la conscience de l’illusion. Pour partager avec un grand public l’appropriation de technologies et/ou de pratiques (des savoirs-pouvoirs) normalement inaccessibles. Pour tenter de raconter l’impossible par une sorte de littérature en situation, questionnant souvent le rapport technologique aux corps et au vivant, la simulation, et les esthétiques du contrôle.


Il se propose comme artiste transmédia.

« Transmédia », non pas dans l’acception en vigueur d’un procédé visant à décliner voire épuiser un univers narratif sur différents médiums, en particulier numériques, pour capter l’attention d’un spectateur désormais dispersée sur une multitude de terminaux de consommation (télévision, internet, mobile, etc).

Plutôt « transmédia » avec trans- dedans comme dans transgenre, transgression, transfrontalier, transformation, transport, transsexuel, transe... Comme un processus glissant en continu d’un médium à un autre, où des acteurs en chair et en os peuvent surgir devant un écran de salle de cinéma, où une performance s’opère soudain dans ce qui semblait être une installation, où l’on peut prend le temps d’écrire sur scène comme à son bureau… Donc, oeuvrer dans une transdisciplinarité indisciplinée. Disons : créer de façon queer.


Il ne croit pas à l’opposition entre oeuvre personnelle et commande. Toute oeuvre est de commande : consciente, inconsciente, sociale, implicite, contractuelle, historique... Comme dit Gérard Leblanc, « La liberté de création se construit dans une relation inévitable et nécessaire aux représentations dominantes, qu'elles transitent ou non par un commanditaire. » Il essaye donc de faire avec.

A ce propos : l’auteur face à la commande.pdf de Gérard Leblanc.


Depuis 2002, le travail de Mael Le Mée est accueilli dans les champs de l’art contemporain, du spectacle vivant, de la science-fiction, de la culture scientifique, des recherches universitaires en sciences humaines et de l’urbanisme.

Il a été présenté dans des lieux et des festivals comme le Palais de Tokyo, la Gaîté lyrique, France Culture, le Cube, le Théâtre de la Ville - Les Abbesses, le Palais de la découverte, le CNAM, l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, le centre culturel international de Cerisy-la-Salle, la Maison Salvan, la Maison d’Ailleurs, les Utopiales, Des souris - des hommes, Souterrain Porte V, la Faculté de médecine de Paris, le Musée d’histoire des sciences de Genève, la Faculté de philosophie de Madrid, la Columbia University à New-York, ou encore la salle des fêtes de Labège.

Libération, Tracks sur Arte, Ventiquattro (Italie) et Spirale (Canada) en ont fait l’écho.



ETAPES


Mael Le Mée perd son père à l'âge de 7 ans, officiellement d'une « crise cardiaque ».

Il ne l'a pas retrouvé depuis.

Deux passions courantes chez les petits garçons à l'époque, la bande-dessinée Léonard Génie d'une part, l'Egypte antique et les techniques de momification de l'autre, mais aussi la lecture du tome 7 de la série  Yoko Tsuno, « La frontière de la vie » (parue l'année de sa naissance), orientent durablement son travail de deuil et l'amènent à opérer des interventions chirurgicales fictives avec des instruments bien réels achetés à la pharmacie du coin, sur des coeurs-poumons de boeuf fournis par son oncle boucher, dans la lingerie de la maison de ses grands parents maternels à Reims.

Plus tard au collège, la découverte des « Surgery-Performances » d'Orlan en option Arts, images et communication lui laisse entrevoir que l'on peut faire un métier de ce genre de pratiques.

A 13 ans, il renonce définitivement à devenir chirurgien ou scientifique et s'oriente vers les effets spéciaux de maquillage, une autre manière de manipuler la chair en sursis. Parallèlement, il bricole des films d'animation en super 8 avec des Lego, anime un ciné-club en 3ème, et intègre une compagnie de théâtre amateur où il vivra les moments les plus intenses de toute sa puberté hormonale et artistique.

A la fin du lycée, le choc du visionnement de « Faux Semblants » de David Cronenberg lui confirme que le cinéma est bien en mesure de réaliser une large gamme de fantasmes corporels.

Un an plus tard, entré à l'université, la lecture du « Festin Nu » de William S. Burroughs lui ouvre toutes grandes les portes du désir d'écrire.

Au même moment, au même endroit, il rencontre Raphaelle Rio. Quinze années d'amour et de travail étroitement mêlés s'ensuivront, ainsi que deux beaux enfants.

A 23 ans, il lit enfin Gilles Deleuze et Félix Guattari, dont son meilleur ami d'adolescence lui rebattait les oreilles quand il en avait 17.


C'est ainsi disposé qu'il commence à revendiquer une pratique artistique à partir de 2002.


En 2002, donc, pour alimenter l’iconographie du jeu de rôle « RétroFutur » dont il était directeur éditorial du livre d’univers, il a recueilli 6 123 revues de 1901 à 1967. A l’issue de ce projet, il les a mis à disposition des artistes, historiens et curieux, sous le nom zéro50 > fonds d’art-chives, dans un local à Bordeaux, pendant quelques mois.


Depuis 2004, il promeut une entreprise de fiction biotechnologique : l’institut Benway, supposée produire pour le grand public, les états et les multinationales des organes et des organismes de confort comme la glande salivaire aromatisée ou FEL-X le chat de synthèse. L’institut célèbre ses 60 ans d’archives toujours vivantes au travers d’extraits de conférences historiques, d’expositions commerciales restaurées et d’ateliers « Fabrique toi-même tes organes de confort ! ». A ce titre de « bio-artiste », Mael Le Mée a été membre du comité de pilotage des Assises du vivant organisées par Vivagora à l’Unesco en novembre 2012 à Paris.


En 2007, pour son édition consacrée au risque, le festival des sciences de Chamonix l’accueille. Il propose une résidence de l’artiste fictif Anton Zgoba, avec une installation « Du risque à l’œuvre » qui n’est pas une exposition mais où c’est le public qui est exposé, et un atelier jeune public « Excursion risquée 1.3 ».


En 2008, il tient un « Bar à jUSB d’oranges informées » pour la soirée d’ouverture du festival d’arts numérique Des souris, des hommes à Saint-Médard-en-Jalles. Le public était invité à amener sa musique préférée sur clef USB. Elle était ensuite injectée dans une orange au moyen d’électrodes. Le public pouvait alors boire le bon jus de l’orange informée par sa musique, tout en écoutant la dite musique, fruiltrée par l’orange. Mael Le Mée a également planté un « potager USB » de légumes vivants connectés à un ordinateur. Pendant une semaine, le public pouvait y télécharger les fichiers de son choix. A l’issue du festival, une grande soupe informée a été cuisinée à partir des légumes et offerte au public, tandis qu’un mix de tous les fichiers collectés était diffusé sur grand écran.


En 2009, il a été invité par l’Université Lumière-Lyon 2 et la DRAC Rhône-Alpes à présenter une conférence-fiction sur les politiques culturelles du futur à l’occasion du cinquantenaire de la création du ministère de la culture. Cette conférence a été reprise et adaptée à la thématique d’Enquête en quête, installation-forum participative de 24h non stop en mars 2013, qui dressait un état des lieux de la notion de grand événement culturel dans Bordeaux, à la demande de la mairie.


En 2010, il installe une machine à remontrer le temps à la Maison Salvan (centre d’art & sciences à Labège) , coproduite par Faeria.Studio, en partenariat avec Météo France. Ce dispositif audiovisuel interactif reproduisait les conditions climatiques en vigueur sur la région toulousaine à une date au choix du visiteur dans les dix années passées, grâce à une base de plus de 20 000 données météorologiques historiques exploitées par un simulateur de ciel et d’impacts de précipitations générés en temps réel. Mael Le Mée devant rentrer chez lui pile le soir du vernissage, il proposa à cette occasion un simulateur de présence olfactive de l’artiste, d’une technologie beaucoup plus légère: une petite installation composée d’un cintre en bois et d’un tee-shirt blanc porté sans interruption pendant 72 heures de résidence.


En 2011, la Gaîté lyrique lui a confié l’écriture, la mise en scène et l’interprétation de son spectacle d’ouverture de programmation jeune public : « Raoul Pêques et la vaisselle de sept ans ». Une pièce multimédia immergeant ses spectateurs dans 150m2 de vidéoprojections typographiques générées en temps réel à partir de modèles biologiques et physiques hyperréalistes, sur les murs et au sol. Le spectacle a depuis tourné en scènes nationales et centres d’arts numériques.


En 2012, il a été artiste associé de la biennale d’architecture, d’urbanisme et de design Agora à Bordeaux. À cette occasion, il a créé Younesco (votre organisation mondiale des citoyen(ne)s cultivant le quotidien local) et initié l’inventaire du Patrimoine Local de l’Humanité Bordelaise, au travers d’un site participatif, de performances estivales en ville ou sur le triangle des bermudas bordelais, et d’une édition trop limitée de cartes postales. D’autre part, le Musée d’Histoire des Sciences de Genève lui a commandé une performance pour sa Niut de la Science dont la thématique était cette année l’erreur, qui s’intitulait « Erare Humanoum Est », et qui fut très approximative.


En 2013, il a été maître de cérémonie du 2ème Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, et l’ouvrage collectif « Europole, le guide RétroFutur des twisted 50’s » qu’il avait dirigé éditorialement en 2002 a été enfin publié aux éditions Mnémos.

Il a été invité par la Maison du projet des Bassins à flot de Bordeaux à une rencontre avec l’architecte Marc Barani sur la notion de patrimoine instantané. À cette occasion il a proposé une sorte de performance/conférence multimédia en ligne intitulée « La fabrique du patrimoine instantané : une excursion documentale à Dubaï et aux Bassins à flot ».


Début 2014, sur commande de la mairie de Bordeaux et de la biennale Agora, il est intervenu dans une dizaine d’écoles pour parler de l’art urbain. Puis il a enregistré pour France Culture une version radiophonique de « Raoul Pêques et la vaisselle de sept ans » lors du festival Longueur d’ondes à Brest, et rejoué ce spectacle au Théâtre de la Commune à Aubervilliers. Il a tenu un « bar à jUSB d’oranges informées » au Théâtre de l’Avant Seine à Colombe et présenté deux installations interactives dans l’exposition « Ro(bots) » du festival Les Composites à Compiègne. Il a aussi joué le crieur public de textes de cartes postales anciennes dans la soirée « Veuillez agréer » aux éditions bordelaises N’a qu’un œil.

Il termine l’année par un « bar à jUSB d’oranges informées » au MuCEM à Marseille, dans le cadre de l’exposition Food consacrée à la nourriture vue par l’art contemporain.


A noter que Mael Le Mée propose désormais ses services pour répondre artistiquement à toutes sortes de commandes publiques ou privées, dans les domaines de la culture, de la communication, de l’événementiel, des technosciences, de l’industrie, de la libido, du luxe, de la santé, de l’urbanisme, de la défense…

Simuler l’usage de technologies innovantes pour toutes sortes de publics est l’une de ses spécialités.

D’autre part, c’est un expert : si vous n’avez pas besoin de lui, et que vous en êtes sûr, il peut vous prouver le contraire.


Actuellement, il commence la préproduction de « Organismes », projet transmédia articulant spectacle vivant et site internet, qui explorera, entre science-fiction, documentaire, dispositifs numériques et performance, la fabrique contemporaine des corps humains et leurs possibles mutations à venir.

Parallèlement, France Culture lui a commandé le texte d’une dramatique radiophonique.



Depuis le 1er mai 2012, son travail est supporté par la compagnie transmédia qu’il a fondée :























































                     crédit photos : Paolo Verzone pour Ventiquattro (c) 2010