L’Institut Benway est une « entreprise de fiction biotechnologique ». Datant des années cinquante, elle est supposée commercialiser des Organes de Confort. Son existence virtuelle se décline à partir d’images d’archives, en expositions promotionnelles, conférences historiques, ventes d’organes et ateliers pédagogiques.

C’est un projet mené depuis 2004, sur différents médiums et rapports au public. Il a été accueilli dans les champs de l’art contemporain, de la science-fiction, des recherches en sciences humaines et de la vulgarisation scientifique, en France, en Suisse et en Espagne.


Quelques étapes du « Benway Jubilee Tour 2004-2010 » :

Palais de Tokyo et Ecole National Supérieure de Création Industrielle à Paris, Le Cube à Issy-les-Moulineaux, Festival international de science fiction les Utopiales à Nantes, Musée d’Histoire des sciences de Genève, Musée Historique de Lausanne, Musée d’art contemporain de Lyon, Festival des sciences de Chamonix, Musée de la science-fiction d’Yverdon les Bains, Souterrain Porte V - International Body Art Festival de Maxéville, fête de la science à Belfort et Besançon, colloque de Cerisy-la-Salle, universités de Bordeaux, Paris, Grenoble, Valencia, Madrid, New York, Nancy, Brest, Dijon…


L’Institut Benway questionne sur un mode ironique la rhétorique du progrès, la marchandisation des biotechnologies et de l’anthropotechnie, ainsi que l’intrication croissante des liens entre sciences, états, entreprises, et corps des citoyens. C’est une proposition d’histoire populaire et fantasmatique des sciences, mettant en perspective les utopies actuelles avec les rêves des années 1950, où l’ADN a été « inventé », en même temps que s’est imposée la société de consommation. C’est une recherche d’écriture hybride, visuelle, sonore, performative et littéraire. Une expérience poétique à partir du jargon et des icônes de la biomédecine, sur le fil de ce qui fait communiquer l’intérieur et l’extérieur des corps : le scalpel et l’imagination.


Un point de vue critique est adopté, mais qui ne refuse pas la mutation corporelle en soi. D’autres voix s’élèvent dans le monde de l’Institut Benway, entre fiction rétrofuturiste et réalité contemporaine. Des biohackers. Des militants de l’organogénèse libre, de l’open source wetware, du user-generated body. Des chirurgiens et des généticiens bricoleurs dans leur garage laboratoire. Des opposants au brevetage du vivant (naturel ou industrialisé). Des aspirants à l’augmentation débridée du corps comme à sa réduction (les prétendants à l’amputation volontaire). Des individus ou des communautés cherchant une alternative au biopouvoir dominant.


Ce travail consiste à inviter le public à expérimenter une réalité à venir, controversée : d’autres incarnations.



Pour en savoir plus : www.institut-benway.com


Le site de l’Institut Benway est en cours de construction. La mise en ligne de la version définitive se fera en 2013.

Ce sera une sorte de wikipedia interactif du passé glorieux de l’Institut Benway, accessible sur abonnement, avec une interface de navigation cellulaire. Un monde persistant d’archives vivantes pour penser et éprouver les corps de demain.




Une journée dans le monde moderne avec l’Institut Benway

Conférence promotionnelle historique et commémorative


Voici maintenant un demi-siècle que l’Institut Benway est le leader mondial des solutions organiques de confort corporel. Fournisseur agréé de clients institutionnels et privés, dans les secteurs civil et militaire, l’Institut Benway propose aussi au grand public sa célèbre gamme d’Organes de Confort, de la Glande Salivaire Aromatisée à la Barrette de Mémoire en passant par le Testicule Hallucinogène.

Afin de célébrer son jubilé, l’Institut Benway a restauré spécialement l’une de ses conférences promotionnelles des années 1950. Résultat : une heure d’émotions médicales pour découvrir, à grand renfort de projections diapositives de documents d’archives, l’histoire, les méthodes et les produits anthropotechniques révolutionnaires de l’Institut Benway. En exclusivité, de véritables moments d’interactivité corporelle seront aussi proposés au public, par le truchement d’un test psychologique, d’une collecte organique humanitaire et d’une endoscopie surprise.

Rigueur scientifique, anecdotes savoureuses, témoignages authentiques et images-choc garantis, dans ce concentré digeste et roboratif du fameux « Benway of life » !

Avec le Jubilé Benway, revivons ensemble une aventure technologique et commerciale hors du commun : « Cinquante ans de médecine au service du Confort Moderne ! »



QUELQUES CONFÉRENCES PROMOTIONNELLES BENWAY :


- 13/04/12   Colloque «Nouveaux médias», table ronde « L’homme augmenté » au Palais de la Découverte à Paris.

- 18/10/11   Fête de la science à l’université de Béthune (accompagnée d’ateliers «Fabrique toi-même ton organe de confort»)

- 19/05/11   Festival de culture scientifique de la ville de Fontaine.

- 31/01/11   Festival Des Souris et des Hommes 2.1 à St Médard en Jalles.

- 24/02/10   Palais de Tokyo, ouverture du séminaire Fuck my brain de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

- 25/03/10   Le Cube à Issy-les-Moulineaux

  1. -25/05/10   «Expérimenter la post-humanité», séminaire de l’Université Paris 1 à l’ENSCI

  2. -27/05/10   Colloque «Théâtre et médecine» à l’Université Paris Descartes

NB : les conférences promotionnelles Benway ont été présentées en France, Espagne et Suisse depuis 2004.


L’annonce officielle de la conférence Benway au Palais de Tokyo le 24 février 2010


L’annonce officielle de la conférence Benway au Cube le 25 mars 2010



Le Jubilé Benway® est une célébration certifiée ISO 9000, produite en partenariat avec Têtes à Clap et le fonds d’art-chives zéro50 (c/o Fabrique POLA).

Direction du Service des Relations Publiques : Mael Le Mée

Département Graphisme, Illustrations et Belles Images : Célestin, Julien Drochon, Greg Pach, Benoît Chanaud, Docile, Aurélien Police, Alfred, Cécile Roubio, Camille Téqui, Nicolas Etienne, Elizabeth Thiallier, Emilie Fenouillat, Julien Espagnet.

Musikaments et compositions sonores fluxu-bruitistes : Jérôme Noirez

Responsable Contrôle-qualité : Raphaelle Rio


Les opérations commémoratives Benway sont disponibles sur commande.



A PROPOS DE L’INSTITUT BENWAY :


Interview de Mael Le Mée à propos de la conférence Benway, réalisée par le Cube, sous-titrée en Anglais


Magazine Tracks sur Arte, le 7 octobre 2010

Reportage sur «l’art entreprise», ou comment des démarches artistiques peuvent s’approprier, détourner, voire subvertir celle entrepreneuriale... Au programme : Ouest Lumière, IBK, The Yes Men et l’Institut Benway.

Pour visionner l’émission intégrale :

http://videos.arte.tv/fr/videos/tracks-3457496.html

NB : la partie sur l’Institut Benway est de la 39ème minute et 14ème seconde à 42’34’’...


ATTENTION !

Le lien ci-dessus n’est plus actif aujourd’hui.

En attendant, vous pouvez consulter le sommaire de l’émission et une bande annonce : ICI.


Libération, 28 novembre 2009

Extraits de l’article « Le corps, cet obscur objet du délire », par Marie Lechner.


Le festival «Souterrain Porte V» à Maxéville (Meurthe-et-Moselle) explorait cette année le thème fécond : «Robots, hybrides, cyborgs». A une époque où les rêveries d’artistes et d’auteurs de cette culture parallèle deviennent une réalité, la biennale du body art interroge le corps et ses limites, entre fascination et interrogation. (…) Elle ouvrait cette année sa porte à l’Institut Benway spécialisé dans les «organes de confort», prothèses organiques à greffer chez soi pour contrer la décrépitude ou augmenter ses performances. (…)

L’Institut est - faut-il le préciser ? - une fiction, ou plutôt un «docu-fiction» aux dires de son créateur, l’artiste Mael Le Mée qui incarne le promoteur survolté de cette fausse compagnie biomédicale rétrofuturiste. Vêtu d’une blouse à la blancheur aseptisée, il fait défiler les diapos vantant un corps affranchi de la douleur, capable de s’autogreffer à domicile. (…)

La conférence-performance s’est déroulée devant le public hilare du colloque «Robots, hybrides, cyborgs», versant théorique de la biennale. Artistes, chercheurs, sociologues et philosophes s’étaient réunis afin d’appréhender ces nouvelles relations que l’homme entretient avec les technologies vers une «transhumanité». Que signifie être humain au XXIe siècle à l’heure des robots, des hybridations entre l’organique et l’artificiel, des croisements entre les genres et les espèces ? Au centre des débats, la question du corps jugée obsolète à l’ère technologique : un corps insuffisant qu’il faut améliorer à coup de prothèses. Ou un corps en trop qui nous enferme dans une chair et dont les technologies vont nous délivrer, selon les fantasmes du transhumanisme. L’objectif du mouvement international est de transcender nos limites biologiques par les progrès des sciences qui nous dispenseraient de naître, de souffrir, de mourir.

«Libérez définitivement l’humanité d’elle-même !» résume le représentant de Benway révélant le nouveau slogan de la firme biotech «Smart Flesh, New Bodies, Better Life». Les fantaisies biotech de Mael Le Mée posent avec dérision la question de l’hybridation. Les organes farfelus (pour l’instant en latex) vendus dans des sachets pourraient simplement prêter à sourire, s’ils ne semblaient déjà de l’ordre du possible, prémices d’un futur «capitalisme corporel».


Version complète de l’article ici.


Marianne Cloutier, Université du Québec, janvier 2010

Qu’il s’agisse de pratiques effectives ou de représentations métaphoriques, la greffe et l’hybridation  sont des thèmes fertiles pour la création artistique contemporaine. (…)

Les organes de conforts de l’Institut Benway posent la question des frontières; quelles seront les limites de la recherche du « confort biologique » mais surtout de la modification bioartificielle des capacités physiques et intellectuelles? Quels en seront les usages concrets et comment ceux-ci modifieront-ils nos modes d’être et nos modes de vie? L’idée de liberté, sous-entendue dans le cas des modifications corporelles, est-elle réelle ou illusoire?  Le corps biotechnologique n’étant plus nécessairement soumis au déterminisme biologique, n’est-il que davantage soumis à d’autres formes de contrôle qu’elles soient commerciales, politiques ou sociales? (…)

Mael Le Mée établit un lieu de réflexion, un lieu de conceptualisation et de débat sur les possibles actuels et futurs des biotechnologies. En étant conscient du rôle actif de la métaphore dans l’établissement de notre rapport au réel, il participe de la construction de sens et d’une exploration nécessaire dans le processus de  redéfinition de nos conceptions actuelles de la vie.


Oliver Harris, communication à la Columbia University, New York, octobre 2009

2009 is not only the 50th anniversary of Naked Lunch but the golden jubilee of the Institut Benway. Since the late 1950s this thriving medical business has specialized in developing prosthetic organs, products truly worthy of the Benway name, and celebrated now in a series of international conferences. The Institut Benway is, alas, a fictional company, founded in 2004, the brainchild of Mael Le Mée, a French plastic artist and writer. His Institut is, I would say, a true measure of Burroughs and his Naked Lunch.


Catherine Voison, université Paris 1, janvier 2010

Cette bio-fiction à la fois comique et satirique procède d’un discours engagé de l’artiste à l’égard des nouvelles pratiques de la biologie. Mael Le Mée initie un processus de réflexivité en manipulant par exagération et détournement les manipulations du vivant. Mêlant le familier et l'inédit, l'érudition et la farce, le spectacle devient l'expression d'une sorte de contre-culture scientifique. Au public non initié d’évaluer ce jeu scientifique, à lui d’en apprécier les signaux, d’en décrypter des codes et de s’identifier en tant que sujet de droit par rapport aux technosciences qui se fondent sur un usage rationnel et sur la valeur marchande du vivant.


Remei Castelló, Noudise, novembre 2009, Espagne

El polifacètic artista francés qüestiona d’una manera irònica l’obsessió de la societat per l’estètica i la immortalitat, amb repercussions polítiques i un caràcter irònicament comercial.


Leonardo Martinelli, mensuel Ventiquattro, février 2010, Italie

Con le sue performance pseudoscientifiche coltiva uno scopo serissimo: far riflettere sull'uso consumistico de la materia umana.